Je raconte des histoires...

Voilà ce que j’ai répondu la dernière fois que l’on m’a demandé ce que je faisais dans la vie. Une phrase concise et mystérieuse dont j’étais assez fière. La personne m’a toisée et est partie parler à quelqu’un d’autre. Je suis restée bête. Je pensais pouvoir attiser sa curiosité et lui donner envie d’en savoir plus.
J’aurais alors précisé « ... avec des images, des mots et des projets artistiques », ce qui, en soi, n’explique pas grand-chose, c’est vrai. Mais au fil de la conversation, j’aurais pu lui dire que je suis écrivaine et photographe, stratège en communication et coordonnatrice de projets culturels, et que j’ai aussi cofondé et dirigé une compagnie de street dance pendant des années…
Au passage, j’aurais glissé à quel point je trouve regrettable le fait que créativité et organisation, sensibilité et pragmatisme, soient souvent perçus comme antagonistes alors que ces qualités me font avancer au quotidien.
Si son regard m’avait invitée à poursuivre, je lui aurais confié que j’aime me cacher pour observer, comprendre et disséquer mes mondes intérieurs, tout comme celui qui m’entoure.
La personne m’aurait trouvée intéressante ou prétentieuse, brillante ou complètement paumée, mais au moins, il y aurait eu une histoire à raconter...
Peu importe. Cette personne n’a jamais existé.
J’ai imaginé cette scène pour éviter d’écrire une biographie.